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Maroc Hebdo, il y a 4 mois

« Le Maroc: une terre, des hommes », de André Ménard.
Un livre qui retrace le déroulé de l’histoire d’un Maroc à jamais renouvelé. Sept dynasties, arabes et berbères confondues se sont succédé à la tête de “l’Occident extrême”. Un Maroc christianisé par les romains, islamisé ensuite en 682.

Le Maroc une terre, des hommes est un titre choisi à raison. Il renoue de fait ce que les Arabes ont longtemps appelé «l’Occident extrême» à l’homme d’abord, en ce qu’il a d’apport culturel ou ce que l’on pourrait appeler l’homme-civilisation, à une terre comme pas une, rechignant à la seule notion géographique. Une terre érigée en symbole.

Le Maroc. Appelé ainsi par les Espagnols doublés des Portugais qui l’avaient dans le viseur. Une altération qui tient de la ville ocre, Marrakech. La généalogie, ici, fait son cours à reculons pour nous saisir dans un Maroc à jamais renouvelé. D’abord, des groupements épars, vivotant çà et là, à population avare en chiffres, auraient donné lieu et forme au royaume berbère. Ce composé, loin de se recroqueviller comme ver, se brasse d’autres civilisations telles que celles phéniciennes, grecques ou surtout romaines. Le moteur économique étayant les échanges commerciaux le long des côtes aurait motivé cet entremêlement de cultures. Des cultures qui ont fini par prendre. Pour ne citer que celle romaine, mais à raison, car celleci, aurait tenu plus de la moitié d’un siècle. De la moitié du deuxième, jusqu’à sa chute fin troisième. Des vestiges en sont gardés tels que ceux retrouvés dans la ville de Tanger, Volubilis ou Lixus. Une chute qui aurait par la même occasion marqué de décadence un Maroc alors bien portant. Un Maroc d’abord chrétien, car telle était la religion romaine.

Une islamisation qui serait faite jusqu’en 681 avec Oqba Ibn Nâfi et ses descendants. Une conversion qui a longtemps rimé avec conquête. Viendraient ensuite des dynasties tantôt arabes tantôt berbères qui ne durèrent pas plus, comme l’avait écrit le sociologue Ibn Khaldoun, plus de trois générations. S’ensuit une reconstruction morale plutôt nietzschèenne que cartésienne, en ce sens qu’une dynastie, à peine arrivée au pouvoir, détruit tout ce qui la précède. Les lieux de pouvoir étaient décimés par la même occasion. Une volonté vorace d’être le seul et l’unique.

Mais ces entremangements intérieurs ne furent pas les seuls à faire péricliter ces dynasties comme à semer une zizanie générale. Il est mention de famine, de pillards venus d’ailleurs, nommément de l’Egypte, de peste noire qui a entrainé dans son sillage le sultan saadien Ahmed El Mansour en 1603. Le livre retrace ainsi le cours de l’Histoire à jamais changeant jusqu’à l’histoire moderne.

La dynastie alaouite échappe à cette règle qui a longtemps défié toute exception d’Ibn Khaldoun. Une dynastie qui a tenu ferme pour plus que les 120 ans prévus. Pour que vienne le tournant de 1912, où le Maroc est mis sous protectorat français. le résident général Lyautey, qui démit de ses fonctions le roi Moulay Hafid, pour mettre à sa place le jeune Moulay Youssef. Ceci pour mettre sur pied une modernisation tant au niveau des infrastructures qu’au niveau de l’économie loin de la monarchie d’antan, considérée par lui comme étant archaïque et vivant en dehors du temps. S’en sont suivis le roi Mohammed V et Hassan II, qui ont marqué, chacun à sa façon, un Maroc à l’écoute de la marche du monde.

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